Un week-end de grisaille, aller s'enfermer au Planétarium semble soudain une merveilleuse i-
Dée. Surtout que je n'avais jamais mis les pieds dans un planétarium. Mon papa serait fier,
Lui qui a tenté de nous apprendre, à moi, mon frère, ma soeur, que la grande casserole là-bas
Avait un nom plus scientifique et que si, si c'était possible de se repérer dans le ciel. Sauf que
Montréal souffre de pollution lumineuse, donc ça n'a rien d'évident car le ciel est trop éclairé
Pour pouvoir y distinguer, sous les fumigènes jaunes, la présence de ces petites étoiles qui
Nous envoient leur lumière. Cela est dû à des éclairages mal conçus ou mal orientés qui nui-
Sent à l'obscurité normale de la nuit. Celle qui, quand on est gosse, nous flanque la trouille et
Nous empêche d'aller à la cave. Et que c'est là en bas qu'on rencontre l'infini malfaisant qui
Nous rappelle notre "moi originel" (j'ai lu Flahault pour mes cours de mythologie, pardon, pa-
Rdon, je reprends). Bref au lieu d'éclairer le sol, ces lampadaires éclairent tout le ciel et em-
Pêche les passionnés de se livrer à l'observation des cieux. L'exposition, retraçant l'histoire
Des découvertes depuis 1960 ainsi que celle de la création du Planétarium de Montréal, qui va
Bientôt déménager, est libre d'accès. On peut y voir le Planétarium en pleines années hippie,
En apprendre plus sur les planètes, apprendre que notre poids sur Mars ou sur Jupiter est effra-
Yant mais d'une manière différente, c'est selon, tomber sur des visages connus (salut Hubert,
Denis se souvient encore de toi et des matins qu'il a maudit dans la voiture au son de ta voix), et
Bien sûr, le tout ponctué de jolies images des étoiles et de leur trainée cosmique.
En sortant, le temps de passer près d'une Eglise du coin McGill (promis j'arrête bientôt avec ma
Passion momentanée pour les Eglises surtout quand j'ignore jusqu'à leur nom) (beh quoi, traver-
Ser et noter le nom, ça prend du temps précieux quand les petites menottes crient "je me les gèle
Rentre dans le métro"), de voir la monumentalité (mais on est pas sûrs de craquer) de la Gare
Windsor, et de voir que même McDo est attaqué par les stalactites. La mondialisation t'empê-
Chera pas de mourir de froid na (sauf que la graisse à friture qu'ils posent sur leurs ingrédients
Met plus de deux mois avant de se dégrader, d'ici là, le dégel aura donc eu lieu. Holy shit, ce sera
Pour l'an prochain). Mais ce départ ne fait que préparer le retour. Car les spectacles du matin
Etaient réservés aux enfants (leurs noms l'indiquaient assez bien: Draco le Dragon Céleste. Heu,
Je repasserai). Alors je suis revenue en soirée, et suis entrée à pas feutrés dans la salle centrale, le
Lieu que je n'avais pu qu'effleurer des yeux avant cela. Le spectacle était sur la Voie Lactée, et c'est
Assez envoûtant, cette salle domesque, avec de drôles d'appareils et un orateur attitré. Au pla-
Fond, les images apparaissent comme par magie. La tête dans les étoiles, au sens propre,
Cette fois.